Ne vous imaginez pas que ça vient comme ça, qu'il suffit de s'assoir, de prendre un air inspiré en suçant son bout de crayon ou en sirotant son verre, et qu'une Muse débarque la mine enfarinée avec un sourire complice jusqu'aux oreilles et des yeux qui pétillent. Les Muses, ça n'existe pas. En tous cas, elles n'ont pas cette jolie tête avenante. Elle sont plutôt moches, pour tout vous dire, et elles se planquent aux fins fonds de la bouse la plus répugnante. Il faut retrousser ses manches, fermer son nez et enfoncer ses mains dans la gadoue jusqu'aux épaules.
Isabelle Debruys, Nouvelles
Un recueil de NOUVELLES même si ce n'est pas dans l'air du temps. Mais je n'ai jamais humé l'air du temps.
La dernière fois, elle est partie en catimini, une sortie très cruelle et sans fanfare, comme à son habitude. Mais voilà qu'elle s’est mis en tête une idée saugrenue : le quitter avec élégance.
C’était compter sans le whisky.
Le sentiment évanoui est l’une des vingt nouvelles qui composent ce recueil où les failles se glissent partout : dans l’obscurité rouge d’un club échangiste, dans la vie étriquée d’un couple vieux depuis le début de son mariage, dans l’amour dont l’autre ne veut pas ou dans celui qu’on n’ose pas avouer, dans les battements de cœur d’une enfant entraînée par un inconnu au fond d’un fossé, dans le silence obstiné d’un petit garçon qui aime trop sa maman, dans l’esprit dérangé d’un collectionneur de papillons ou dans celui d’un sniper qui philosophe derrière son fusil à lunette…
C’était compter sans le whisky.
Le sentiment évanoui est l’une des vingt nouvelles qui composent ce recueil où les failles se glissent partout : dans l’obscurité rouge d’un club échangiste, dans la vie étriquée d’un couple vieux depuis le début de son mariage, dans l’amour dont l’autre ne veut pas ou dans celui qu’on n’ose pas avouer, dans les battements de cœur d’une enfant entraînée par un inconnu au fond d’un fossé, dans le silence obstiné d’un petit garçon qui aime trop sa maman, dans l’esprit dérangé d’un collectionneur de papillons ou dans celui d’un sniper qui philosophe derrière son fusil à lunette…